Renault a repris l’avantage sur Stellantis en juin 2026 avec 43 723 voitures immatriculées, contre 38 641 pour son rival français. Un leadership éphémère qui masque un repli de 5,9 % sur un an.
Les chiffres du mois de juin signent le retour de Renault en tête du classement des constructeurs français. Avec 43 723 immatriculations, la marque au losange devance Stellantis de 5 082 unités, inversant ainsi la tendance observée en mai où le groupe franco-italo-américain avait pris le dessus. Mais ce leadership ne dissimule pas une réalité plus fragile : sur un an, Renault accuse un recul de 5,9 %, signe que la dynamique de l’an dernier ne s’est pas prolongée.
Stellantis enregistre pour sa part 38 641 immatriculations en juin, en légère hausse de 0,8 % par rapport au même mois de 2025. Un score modeste, mais qui traduit une meilleure stabilité face aux fluctuations du marché. Le groupe continue de s’appuyer sur sa large gamme, de la Peugeot 208 à la Jeep Avenger, pour maintenir ses positions malgré une concurrence accrue des modèles électriques asiatiques et européens.
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Volkswagen poursuit sa progression, Dacia souffre
Le groupe Volkswagen confirme sa montée en puissance avec 17 988 immatriculations en juin, en hausse de 13,7 % sur un an. Cette progression s’explique notamment par les performances de l’ID.3, de l’ID.7 et du Tiguan, qui captent une clientèle attirée par l’électrification progressive de la gamme allemande. Volkswagen grignote ainsi des parts de marché aux acteurs français, profitant d’une image de fiabilité et d’une présence renforcée sur le segment des SUV et des berlines compactes.
À l’inverse, Dacia traverse une phase délicate. La marque low-cost du groupe Renault n’a immatriculé que 12 345 véhicules en juin, en chute de 18,2 % par rapport à juin 2025. Le retrait de la Spring de la configuration en ligne, en attendant l’arrivée de sa deuxième génération à la rentrée, pèse lourd. Mais ce n’est pas tout : le Duster, pourtant renouvelé, ne parvient pas à compenser ce manque à gagner. Les clients semblent préférer attendre les nouveautés annoncées ou se tourner vers des alternatives chinoises plus agressives sur les prix.
BMW affiche également une belle santé avec 9 876 immatriculations, en progression de 9,4 % sur un an. Le lancement de l’iX3 et la montée en cadence de l’iX1 expliquent cette embellie, le constructeur munichois ayant su capter une clientèle premium en quête d’électrification sans renoncer au standing.
Un marché porté par l’électrique, mais fragile
Le mois de juin a été marqué par un bond spectaculaire des immatriculations de véhicules électriques, avec 55 852 unités écoulées, soit une hausse de 93,6 % par rapport à juin 2025. Cette explosion s’explique en grande partie par l’envolée des prix des carburants et la montée en puissance des aides à l’achat, qui ont incité les particuliers à franchir le pas. Les électriques représentent désormais 29,6 % des immatriculations totales, un record jamais atteint en France.
Renault bénéficie de cette dynamique grâce à la R5, qui a enregistré 4 214 immatriculations en juin, et à la nouvelle Twingo, qui démarre fort avec 2 678 exemplaires. Le Scénic E-Tech, avec 2 495 unités, et la Mégane E-Tech, avec 2 334 immatriculations, complètent un tableau flatteur. Mais cette performance cache une dépendance croissante à l’électrique, alors que les modèles thermiques s’effondrent.
Stellantis, malgré une gamme électrique étoffée (Peugeot e-208, e-2008, Citroën C3, Jeep Avenger), ne parvient pas à suivre le rythme de Renault sur ce segment. La marque aux chevrons souffre notamment d’un positionnement tarifaire jugé trop élevé face aux modèles chinois et aux nouvelles propositions de Renault. La e-208 a immatriculé 1 831 exemplaires en juin, un score honorable mais loin des ambitions affichées.
| Constructeur | Immatriculations juin 2026 | Évolution sur un an |
|---|---|---|
| Renault | 43 723 | -5,9 % |
| Stellantis | 38 641 | +0,8 % |
| Volkswagen | 17 988 | +13,7 % |
| Dacia | 12 345 | -18,2 % |
| BMW | 9 876 | +9,4 % |
Pourquoi Renault ne peut pas crier victoire
Le semestre confirme la fragilité de Renault
Sur l’ensemble du premier semestre 2026, Renault affiche 238 456 immatriculations, en recul de 3,2 % par rapport aux six premiers mois de 2025. Stellantis, avec 226 789 immatriculations, progresse de 1,4 %. Un écart qui se resserre mois après mois, signe que le leadership de Renault n’a rien d’assuré.
La marque au losange mise tout sur ses nouveautés électriques pour inverser la tendance. La R4, attendue pour la fin de l’année, et la future Twingo de deuxième génération devront convaincre une clientèle de plus en plus exigeante. Mais la concurrence ne faiblit pas : Volkswagen, BMW et les Chinois BYD, Dongfeng ou Leapmotor montent en puissance. Renault devra aussi composer avec le retour de Tesla, dont le Model Y a écrasé le marché en juin avec 6 635 immatriculations, un score que même la R5 ne parvient pas à approcher.
Stellantis, de son côté, joue la carte de la diversité avec ses multiples marques. Peugeot, Citroën, Opel, Fiat, Jeep : chacune vise un segment différent, permettant au groupe de lisser les risques. Mais cette stratégie a un coût : la dilution de l’image et des investissements répartis sur trop de modèles. Le partenariat avec Dongfeng, qui prévoit d’assembler des modèles chinois à Rennes, cristallise ces contradictions. Sauver l’emploi à court terme, mais ouvrir grand la porte à un concurrent redoutable.
Les enjeux du second semestre
Les prochains mois seront décisifs pour Renault comme pour Stellantis. La fin des aides à l’achat, prévue pour septembre, risque de casser la dynamique des électriques. Les particuliers, qui ont représenté 49,3 % des immatriculations en juin, pourraient se détourner du marché si les prix remontent. Renault devra alors compter sur ses modèles thermiques pour compenser, mais le Captur et le Clio peinent à retrouver leur éclat d’antan face aux SUV allemands et asiatiques.
Stellantis devra trancher sur sa stratégie industrielle. Le groupe a annoncé vouloir produire un million de véhicules en France d’ici 2028, mais les fermetures de lignes et les réductions d’effectifs se multiplient. La venue de Dongfeng à Rennes est un pari : celui de maintenir l’outil industriel en vie, quitte à laisser un concurrent s’installer sur le territoire. Un choix qui divise en interne et qui pourrait se retourner contre le groupe si les modèles chinois cannibalisent les ventes de Peugeot et Citroën.
Volkswagen, BMW et les Chinois observent. Ils savent que le marché français est un terrain de conquête où les positions ne sont jamais acquises. Le deuxième semestre dira si Renault peut consolider son avance ou si Stellantis prendra définitivement le dessus.
Marché auto juin 2026 : les chiffres des constructeurs
- Renault reprend la tête en juin avec 43 723 immatriculations, 5 082 de plus que Stellantis
- Recul de 5,9 % sur un an pour Renault, contre une hausse de 0,8 % pour Stellantis
- Volkswagen progresse de 13,7 % sur un an avec 17 988 immatriculations
- Dacia chute de 18,2 % avec 12 345 véhicules, pénalisée par le retrait de la Spring
- Les véhicules électriques représentent 29,6 % du marché en juin, un record historique