Le groupe Stellantis injecte plus d’un milliard d’euros en France pour produire trois nouveaux modèles Peugeot électriques et hybrides à Mulhouse à partir de 2029. L’investissement se répartit à 50 % en R&D, 40 % sur le site alsacien et 10 % sur d’autres usines françaises.
L’annonce, révélée le 2 juin par Emmanuel Macron puis confirmée par le groupe, sécurise l’avenir de l’usine de Mulhouse qui emploie environ 4 500 salariés. Le site produit actuellement les Peugeot 308 et 408. Les trois futurs modèles seront des berlines et SUV compacts du segment C, équipés de motorisations électriques ou hybrides.
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Le PDG Antonio Filosa s’est rendu sur place avec les ministres Roland Lescure (Économie) et Sébastien Martin (Industrie) pour présenter le projet. « La France illustre parfaitement la stratégie mondiale de Stellantis où notre taille mondiale, notre connaissance locale fine et nos marques se conjuguent pour répondre et dépasser les attentes de nos clients », a déclaré le patron italien dans un communiqué.
L’investissement de 400 millions d’euros dans l’usine alsacienne représente 40 % de l’enveloppe totale. La moitié, soit plus de 500 millions, finance le développement de la plateforme STLA One, architecture technique mondiale modulable destinée à porter plus de 30 modèles d’ici quatre ans. Cette plateforme doit remplacer cinq architectures actuelles et servir à différents gabarits et motorisations. D’ici 2030, Stellantis vise 2 millions de véhicules produits annuellement sur cette base, avec une compétitivité accrue de 20 % par rapport aux plateformes existantes.
STLA One pour atteindre la parité avec les Chinois
Antonio Filosa a détaillé l’objectif de la nouvelle plateforme lors de sa visite à Mulhouse : « Ce sera la plateforme qui amènera Stellantis à la parité de coûts avec les Chinois qui produisent en Europe. » Le constructeur cherche à rationaliser son outil de production après des pertes colossales en 2025 et un recul de ses parts de marché européennes. D’ici 2030, 50 % des volumes du groupe sortiront de trois plateformes mondiales, avec jusqu’à 70 % de composants communs.
Cette stratégie de simplification s’inscrit dans un plan global de 70 milliards de dollars présenté en mai, prévoyant 60 nouveaux modèles d’ici 2030. Le groupe recentre ses efforts sur quatre marques mondiales : Peugeot, Fiat, Jeep et Ram. Les trois nouveaux véhicules de Mulhouse confirment la place de Peugeot dans ce dispositif resserré.
Soulagement des syndicats, attente sur les volumes
Les représentants du personnel ont salué l’annonce. « C’est comme le soleil aujourd’hui, les salariés sont heureux. Ça fait des années qu’on attendait un projet et là on nous en annonce trois. C’est extraordinaire », a déclaré Deborah Schorr, secrétaire de FO Stellantis Mulhouse. Elle précise toutefois : « C’est trop tôt pour dire ce que ça représente en termes d’emplois. Mais notre priorité, c’est l’emploi, l’emploi, l’emploi. On va se battre pour que l’avenir du site soit assuré sur une décennie et au-delà. »
La CFE-CGC a salué « le rôle central de Mulhouse dans les projets à venir », tout en pointant des « attentes fortes quant aux volumes, à la pérennité de l’activité et aux garanties sociales ». Ces réserves surviennent après l’annonce par Antonio Filosa en mai d’une réduction des capacités européennes de 800 000 unités, qui alimentait les craintes d’un recentrage sur les activités américaines au détriment de l’Europe.
La première Peugeot issue de STLA One sera la nouvelle 208, produite en Espagne dès 2027. Les trois modèles de Mulhouse suivront en 2029, positionnant l’usine alsacienne comme l’un des sites clés de la transformation électrique du groupe en Europe.
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