Le réacteur EPR de Flamanville a été stoppé jeudi 16 juillet pour des contrôles préventifs sur ses motopompes primaires. Le redémarrage est prévu le 26 juillet à 23 heures.
Les équipes de la centrale ont procédé à l’arrêt à 16 heures jeudi. EDF précise que cette interruption s’inscrit dans le suivi préventif des paramètres de fonctionnement du réacteur, le premier nouveau réacteur français depuis un quart de siècle.
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Les contrôles portent sur deux des quatre groupes motopompes primaires installés dans le bâtiment réacteur. Ces équipements assurent la circulation de l’eau dans le circuit primaire, au cœur du système de refroidissement. Selon le diagnostic, une intervention pourrait être menée sur ces groupes.
Dix jours d’arrêt minimum
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EDF annonce une remise en service le 26 juillet à 23 heures [1]. Reste à savoir si ce calendrier tiendra. L’énergéticien se laisse la possibilité d’intervenir sur les équipements selon les résultats des vérifications en cours.
Depuis sa connexion au réseau fin 2024, l’EPR manchois enchaîne les arrêts. Le dernier remontait à début 2026, lors de la tempête Goretti. Des embruns chargés de sel marin avaient alors endommagé des équipements électriques de la centrale. La Manche avait connu des vents supérieurs à 200 km/h par endroits.
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Le réacteur avait repris du service début février. EDF avait alors poursuivi son programme d’essai à pleine puissance, 1 650 mégawatts, de quoi alimenter deux millions de foyers. Le plus puissant du parc français.
Un an d’arrêt complet dès le 26 septembre
Si l’EPR redémarre effectivement fin juillet, il sera remis à l’arrêt deux mois plus tard [1]. Une visite complète est programmée à partir du 26 septembre 2026. Le réacteur restera à l’arrêt 350 jours, soit quasiment un an.
Durant cet arrêt, les équipes renouvelleront le combustible et mèneront de nombreux contrôles. L’opération la plus lourde concernera le couvercle de la cuve, concerné par des anomalies connues de longue date. L’Autorité de sûreté nucléaire a exigé son remplacement.
| Période | Durée | Motif |
|---|---|---|
| 16-26 juillet 2026 | 10 jours | Contrôles motopompes primaires |
| À partir du 26 septembre 2026 | 350 jours | Visite complète, remplacement couvercle cuve |
Source : La Tribune
Flamanville : enjeux d'une mise en service difficile
23,7 milliards d’euros de coûts, douze ans de retard
Flamanville 3 a été raccordé au réseau électrique fin 2024, avec douze ans de retard sur la date prévue. Les coûts ont explosé : de 3,3 milliards d’euros au devis initial, le chantier atteint désormais 23,7 milliards aux conditions économiques de 2023, selon la Cour des comptes.
Construit face à la Manche, aux côtés de deux autres réacteurs, l’EPR devait incarner le renouveau du nucléaire français. Sa mise en service reste chaotique. Chaque arrêt repousse la montée en puissance et l’amortissement d’un investissement historique.
La Normandie, territoire nucléaire stratégique
La région normande concentre une part majeure de la filière nucléaire française. Avec les centrales de Penly, Paluel et Flamanville, le site Orano La Hague et Naval Group, elle représente plus de 22 300 emplois directs et 18 % de la production nucléaire nationale [4].
La filière pèse 1,2 milliard d’euros par an pour les entreprises normandes. Le territoire se positionne comme un acteur clé de la relance nucléaire voulue par le gouvernement. Une usine de préfabrication de composants pour les futurs EPR2 pourrait s’installer à Dieppe, renforçant encore cet ancrage industriel.
L’enjeu dépasse la seule production d’électricité. Il s’agit de structurer une filière capable de tenir les délais et les coûts des six EPR2 annoncés, voire des huit autres à l’étude. Flamanville reste le banc d’essai, avec toutes les difficultés que cela implique.
EPR de Flamanville : les dates clés de 2026
- L'EPR de Flamanville est à l'arrêt depuis le 16 juillet 2026 pour des contrôles sur ses motopompes primaires
- Le redémarrage est prévu le 26 juillet à 23 heures, sous réserve du diagnostic en cours
- Un arrêt complet de 350 jours débutera le 26 septembre 2026 pour remplacer le couvercle de la cuve
- Le réacteur a été raccordé fin 2024 avec 12 ans de retard et un coût passé de 3,3 à 23,7 milliards d'euros
- Flamanville 3 est le plus puissant réacteur français, capable d'alimenter deux millions de foyers
- La Normandie concentre 22 300 emplois directs dans le nucléaire et 18 % de la production nationale
Sources
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