Alstom décroche un contrat de 4,7 milliards de dollars canadiens (environ 3 milliards d’euros) pour renouveler la flotte longue distance de Via Rail Canada. Le groupe français livrera 313 voitures de passagers et assurera leur maintenance pendant quinze ans.
L’annonce a été faite jeudi 3 septembre 2026 lors d’un déplacement du premier ministre canadien Mark Carney dans l’usine Alstom de Thunder Bay, en Ontario. Michael Keroullé, président d’Alstom Amériques, évoque un « projet emblématique » confié par Via Rail et le gouvernement fédéral.
L’A300B, le premier Airbus qui a lancé l’aviation européenne en 1972
Les nouvelles voitures Adessia remplaceront le matériel roulant actuel, qui circule depuis soixante-dix-sept ans sur les lignes de l’opérateur public. Huit grands corridors sont concernés, reliant près de 400 collectivités à travers huit provinces, de la Nouvelle-Écosse à la Colombie-Britannique. Parmi les destinations desservies : Montréal, Toronto, Vancouver, Halifax, Churchill ou Prince Rupert.
4 milliards pour les rames, 700 millions pour la maintenance
Le contrat se décompose en deux volets. La fabrication des 313 voitures représente 4 milliards de dollars canadiens. S’ajoute un contrat de soutien technique et d’approvisionnement en pièces de rechange sur quinze ans, évalué à près de 700 millions de dollars canadiens.
Renault électrique : le pari de l’arrêt du thermique en Europe d’ici 2030
Alstom précise que les voitures, à un ou deux niveaux, sont pensées pour affronter les conditions climatiques extrêmes du pays. Elles rouleront entre 120 et 200 km/h, sur des réseaux électrifiés comme non électrifiés. Neuf configurations sont prévues : voitures-coachs, voitures-lits, voitures accessibles aux personnes à mobilité réduite, voitures avec dôme panoramique, voitures-restaurants et voitures à bagages.
Conception et fabrication entièrement canadiennes
L’ingénierie sera réalisée à Saint-Bruno-de-Montarville, au Québec. Les caisses sortiront de l’usine de La Pocatière, toujours au Québec, tandis que l’assemblage final aura lieu à Thunder Bay. Steven MacKinnon, ministre des Transports et leader du gouvernement à la Chambre des communes, souligne que « les Canadiens méritent un réseau de trains de passagers moderne, fiable et conçu pour les servir pendant des générations ».
Le musée Aeroscopia lance un appel aux particuliers pour enrichir ses collections
Alstom indique que le contrat devrait créer ou maintenir 670 emplois directs au Canada, auxquels s’ajoutent plus d’une centaine d’emplois indirects dans la chaîne d’approvisionnement et les communautés locales. Le groupe emploie actuellement 5 200 personnes dans le pays, qu’il connaît bien depuis le rachat de Bombardier Transport en 2021.
Une flotte vieillissante enfin remplacée
Via Rail exploite aujourd’hui des voitures dont la mise en service remonte à 1949. Le renouvellement s’inscrit dans une volonté affichée de moderniser l’offre ferroviaire canadienne, notamment pour les communautés éloignées et les Premières Nations. Alstom promet « de nouvelles normes en matière de confort des voyageurs, d’accessibilité universelle, de connectivité numérique et de durabilité ».
Le constructeur français se positionne ainsi comme un acteur de premier plan en Amérique du Nord, où il continue de développer sa présence industrielle et commerciale après l’intégration des activités de Bombardier.
- Renault dévoile le Niagara, son pick-up de 4,94 m pour l’Amérique latine - 13 septembre 2026
- Le secteur automobile français licencie et ferme ses sites, 66 000 entreprises coulées en un an - 12 septembre 2026
- Alstom signe pour 1,2 milliard d’euros de trains électriques au Royaume-Uni - 11 septembre 2026