Renault rejoue sa partition de 1992 : une citadine électrique souriante, pratique et abordable. Une semaine d’essai pour voir si la promesse tient.
La Twingo de 1992 reste gravée dans les mémoires. Originale, compacte dehors mais étonnamment spacieuse dedans, elle avait conquis les villes avec son tarif accessible et son design rond qui faisait sourire. Les générations suivantes n’ont jamais retrouvé cette simplicité gagnante. Trente-quatre ans plus tard, Renault reprend les lignes de la première mouture et mise sur l’électrique pour raviver la flamme.
La nouvelle Twingo électrique débarque dans un contexte tendu pour les citadines françaises. Les chinoises trustent les premiers prix, Tesla garde le haut du pavé avec son Model Y, et les acheteurs hésitent encore à franchir le pas de l’électrique en ville. Renault promet une voiture qui conjugue praticité, bouille sympathique et prix serré. Nous l’avons eue en main pendant sept jours.
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Un design qui assume l’héritage sans copier-coller
Pas de fausse nostalgie chez Renault. La Twingo 2026 reprend les codes ronds de l’originale sans tomber dans le pastiche. Les designers ont conservé les proportions ramassées, les phares ronds qui lui donnent cet air réjoui, la calandre fermée typique des électriques. Mais le traitement moderne se voit partout : poignées affleurantes, optiques LED fines, boucliers sculptés.
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L’habitabilité reste dans l’ADN du modèle. Avec 3,78 mètres de long et 2,49 mètres d’empattement, elle exploite chaque centimètre. À bord, quatre adultes tiennent sans inconfort majeur. Le coffre avale 280 litres, suffisant pour les courses hebdomadaires ou deux valises cabine. Le toit panoramique fixe amplifie la sensation d’espace, même si l’on peut regretter l’absence de stores occultants en plein soleil.
L’intérieur mise sur la sobriété. Un écran central de 10,1 pouces, un combiné numérique de 7 pouces, des commandes physiques pour la clim et le volume. Renault a compris que tout passer par l’écran agace. Les plastiques restent durs au toucher mais l’assemblage tient bon. Rien à voir avec le niveau de finition d’une Volkswagen ID.3, mais cohérent avec le positionnement tarifaire.
Batterie et autonomie : le bon compromis
Sous le plancher, une batterie LFP de 40 kWh signée LG. Renault annonce 280 kilomètres d’autonomie WLTP, un chiffre honnête pour une citadine. En usage réel, sur notre semaine d’essai mêlant ville et périphérie, nous avons mesuré 240 kilomètres réels, climatisation en fonction. C’est cohérent. De quoi faire la semaine sans recharger pour la plupart des usages urbains.
La recharge en courant alternatif se limite à 7 kW. Comptez six heures pour remplir de 20 à 100 % sur une borne domestique. En courant continu, la puissance grimpe à 80 kW. Un 20-80 % demande alors 28 minutes. Des valeurs correctes pour une voiture pensée comme deuxième véhicule du foyer ou première voiture d’un urbain avec prise à domicile.
Le moteur électrique de 48 kW (soit 65 ch) développe 113 Nm de couple. Renault joue la carte de la douceur plutôt que de la vivacité. Le 0 à 50 km/h demande 4,3 secondes, suffisant pour s’insérer dans le trafic. La vitesse de pointe est bridée à 125 km/h. Inutile d’espérer doubler sur voie rapide : ce n’est pas sa vocation. En ville, en revanche, elle se faufile avec aisance et la direction légère facilite les manœuvres.
Ce que change la Twingo électrique pour Renault
Un prix qui change tout
Renault affiche un tarif de lancement à 19 990 euros hors bonus. Avec le bonus écologique en vigueur en 2026, le prix peut descendre sous les 16 000 euros pour les ménages éligibles au bonus renforcé. C’est là que la Twingo électrique marque des points. Elle se positionne bien en dessous d’une Renault 5 E-Tech (à partir de 25 000 euros), d’une Peugeot 208 électrique (28 700 euros) ou d’une Citroën C3 électrique (23 300 euros).
Face aux chinoises comme la Dacia Spring 2 ou la BYD Seagull, la Twingo joue l’atout de la production locale et du service après-vente Renault. L’usine slovène de Novo Mesto assemble le modèle, ce qui lui permet de bénéficier du bonus français. Un argument non négligeable quand les droits de douane sur les importations chinoises pèsent sur les prix.
L’équipement de série reste correct pour le tarif : régulateur de vitesse, freinage d’urgence automatique, aide au maintien dans la voie, rétroviseurs électriques, quatre vitres électriques. La finition supérieure ajoute la caméra de recul, les jantes de 16 pouces et quelques aides à la conduite supplémentaires pour environ 2 000 euros de plus.
| Caractéristique | Valeur |
|---|---|
| Longueur | 3,78 m |
| Empattement | 2,49 m |
| Batterie | 40 kWh LFP |
| Autonomie WLTP | 280 km |
| Puissance moteur | 48 kW (65 ch) |
| Couple | 113 Nm |
| 0 à 50 km/h | 4,3 s |
| Vitesse maximale | 125 km/h |
| Recharge AC | 7 kW |
| Recharge DC | 80 kW |
| Prix de départ | 19 990 € |
Au volant, la Twingo électrique ne cherche pas à singer une sportive. Le châssis privilégie le confort sur route dégradée, la suspension absorbe les nids-de-poule sans transmettre de chocs secs dans l’habitacle. En virage, le roulis reste contenu grâce à un centre de gravité abaissé par la batterie en position basse. La direction manque de consistance mais l’ensemble reste prévisible.
Le mode de conduite unique simplifie la prise en main. Renault propose deux niveaux de régénération au freinage, ajustables via une palette au volant. En mode B, la voiture freine fort dès le relâcher de l’accélérateur, permettant une conduite à une pédale en ville. En mode D, la décélération se montre plus douce. Un bon compromis entre simplicité et efficacité.
Le bruit de roulement reste le principal reproche. À partir de 90 km/h sur voie rapide, les pneumatiques génèrent un sifflement continu. L’insonorisation du plancher aurait mérité un effort supplémentaire. En contrepartie, l’absence de moteur thermique rend la conduite apaisante en milieu urbain.
Renault a-t-il réussi son pari ? La Twingo électrique ne révolutionne rien mais coche les bonnes cases : prix abordable, autonomie suffisante pour l’usage quotidien, habitabilité au-dessus de la moyenne, bouille sympathique. Elle ne rivalise ni avec le dynamisme d’une Renault 5 E-Tech ni avec le niveau de finition des allemandes, mais elle ne le cherche pas. C’est une citadine électrique honnête, pensée pour un usage rationnel.
Son succès dépendra de la capacité de Renault à tenir les volumes de production. L’usine slovène prévoit 150 000 exemplaires par an à partir de 2027. Avec les précommandes déjà ouvertes et les premiers clients livrés en septembre 2026, la montée en cadence sera scrutée de près. Le carnet de commandes affiche déjà plusieurs mois d’attente selon les concessions contactées.
Twingo électrique 2026 : les points clés à retenir
- La Twingo électrique reprend les codes esthétiques de l'originale de 1992 avec un design rond et un format compact de 3,78 mètres
- Batterie LFP de 40 kWh pour 280 km d'autonomie WLTP, recharge rapide à 80 kW permettant un 20-80 % en 28 minutes
- Tarif de lancement à 19 990 euros hors bonus, positionnant le modèle sous les 16 000 euros avec aides pour certains ménages
- Production dans l'usine Renault de Novo Mesto en Slovénie avec un objectif de 150 000 unités par an dès 2027
- Premier essai d'une semaine révèle une autonomie réelle de 240 km en usage mixte et une habitabilité au-dessus de la moyenne
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