La Mission French Tech a révélé jeudi 6 novembre 2025 les 80 entreprises retenues pour la deuxième promotion du programme French Tech 2030, destiné à soutenir les champions technologiques de demain.
Ces jeunes pousses, qui ambitionnent de suivre la trajectoire de Mistral AI ou Alice&Bob, membres de la première cohorte —, bénéficieront pendant un an d’un accompagnement financier, commercial et d’une visibilité renforcée. Elles ont déjà levé collectivement 1,1 milliard d’euros depuis leur création et généré 138 millions d’euros de chiffre d’affaires lors du dernier exercice comptable.
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Une cartographie de la tech stratégique française
Les 80 lauréats emploient au total 3 200 personnes et opèrent dans des secteurs jugés critiques pour la souveraineté numérique : intelligence artificielle (Arlequin AI, Comand AI, Gladia), cybersécurité (HarfangLab, CryptoNext Security), robotique (Enchanted Tools, Elistair) ou informatique quantique (QbitSoft, Isentroniq). La concentration géographique reste marquée : 61 % des entreprises sélectionnées sont domiciliées en Île-de-France.
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Seize d’entre elles figuraient déjà dans la première promotion, dont Quandela, Whitelab Genomics, Cailabs, GitGuardian, Enchanted Tools et Spectronite. Leur présence témoigne d’un parcours validé par la Mission French Tech et d’une progression suffisante pour justifier un renouvellement du soutien.
| Indicateur | Valeur |
|---|---|
| Nombre de startups sélectionnées | 80 |
| Montant cumulé levé depuis la création | 1,1 milliard d’euros |
| Chiffre d’affaires cumulé (dernier exercice) | 138 millions d’euros |
| Effectifs totaux | 3 200 personnes |
| Part des entreprises en Île-de-France | 61 % |
| Startups déjà présentes en promotion 1 | 16 |
Source : Mission French Tech
Un accompagnement à trois piliers
Lancé en 2023, le programme French Tech 2030 repose sur une logique simple : repérer les entreprises qui développent des technologies clés pour la compétitivité du pays, puis les propulser. Les critères de sélection imposent l’absence de cotation en bourse, une indépendance capitalistique et un siège social en France.
Le dispositif d’accompagnement se déploie sur trois axes. D’abord, le développement commercial, avec des rencontres organisées entre lauréats et acteurs publics ou privés pour favoriser partenariats technologiques et contrats. Ensuite, le renforcement de la notoriété : accès privilégié aux événements, aux médias, aux délégations internationales. Enfin, l’accompagnement financier, qui simplifie l’accès aux financements publics et privés et aide à structurer les plans de levée.
Un réseau de 60 « correspondants French Tech », Urssaf, Bpifrance, CNIL, Euronext, etc., facilite par ailleurs les démarches administratives et répond aux besoins concrets : recrutement, propriété intellectuelle, expansion à l’international.
Pourquoi ce programme pèse dans la tech française
L’ombre portée de la première promotion
Les lauréats de la promotion 2025 héritent d’un précédent ambitieux. Leurs prédécesseurs ont réalisé « des levées de fonds exceptionnelles » et signé « des contrats majeurs », rappelle la Mission French Tech. Mistral AI, devenu l’un des champions européens de l’IA générative, ou Alice&Bob, acteur clé du quantique, ont tracé une voie exigeante. Pour les nouveaux entrants, la barre est haute.
Les secteurs stratégiques couverts par la promotion 2025 reflètent les priorités industrielles du pays : souveraineté numérique, protection des données, transition énergétique, défense. L’objectif affiché consiste à « répondre aux grands défis d’une société en pleine mutation, à la fois par les solutions techniques qu’elles apportent, mais aussi pour leurs retombées économiques, sociales, environnementales, politiques, pour la création des emplois et l’attractivité des talents, et pour la protection de ses citoyens ».
Une concentration parisienne qui persiste
Malgré les discours sur la décentralisation de l’innovation, la répartition géographique des lauréats montre que l’Île-de-France reste le cœur battant de la tech française. Les trois cinquièmes des entreprises y sont domiciliées. Cette concentration traduit à la fois la densité du réseau d’investisseurs, l’attractivité du vivier de talents et la proximité avec les institutions.
Pour autant, la sélection couvre l’ensemble du territoire. Les 39 % restants témoignent d’une dynamique en régions, portée notamment par les métropoles qui ont structuré leurs écosystèmes tech ces dernières années. La Mission French Tech n’a pas détaillé la répartition précise hors Île-de-France.
Le programme French Tech 2030 s’inscrit dans une stratégie plus large de soutien à l’innovation technologique. Il complète d’autres dispositifs publics (France 2030, programmes sectoriels de Bpifrance, appels à projets ministériels) et vise à créer des champions capables de rivaliser avec les géants internationaux. Les résultats des prochains mois diront si cette deuxième cohorte tient la cadence imposée par la première.
French Tech 2030 : ce qu'il faut retenir
- 80 startups retenues pour la promotion 2025 du programme French Tech 2030, annoncées le 6 novembre 2025
- 1,1 milliard d'euros levés collectivement depuis la création de ces jeunes pousses
- 138 millions d'euros de chiffre d'affaires cumulé lors du dernier exercice comptable
- 3 200 personnes employées par l'ensemble des lauréats, dont 61 % domiciliés en Île-de-France
- 16 entreprises déjà présentes dans la première promotion, dont Quandela et GitGuardian
- Secteurs stratégiques couverts : IA, cybersécurité, robotique, informatique quantique
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