L’usage de l’intelligence artificielle dans les entreprises françaises a triplé en deux ans, mais la France reste sous la moyenne européenne.
L’Insee a publié ce 22 juillet une étude qui met en lumière l’accélération de l’adoption de l’IA dans les sociétés françaises. En 2025, 18 % des entreprises déclarent utiliser au moins un outil d’intelligence artificielle, contre 6 % en 2023. Multiplication par trois. Pourtant, la France ne rattrape pas l’Union européenne : la moyenne se situe à 20 %, et le fossé avec les pays du nord se creuse.
Un écart qui se maintient avec l’Allemagne et l’Europe du Nord
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L’Allemagne affiche un taux de 26 %, cinq points au-dessus du taux français. Mais ce sont les pays scandinaves et du Benelux qui dominent : Danemark, Finlande, Suède, Belgique, Luxembourg, Pays-Bas oscillent entre 33 et 42 % d’entreprises utilisatrices d’IA. Le contraste est net.
L’Insee souligne que les entreprises italiennes et espagnoles déclarent des taux d’usage proches de celui de la France. Autrement dit, le sud de l’Europe accuse le même retard, mais cela n’efface pas l’écart avec le nord.
Les ETI françaises au niveau européen
Nuance de taille : pour les entreprises de 50 à 249 salariés, la France se situe au même niveau que la moyenne européenne, précise l’Insee. L’écart se joue donc ailleurs, probablement sur les TPE et PME d’une part, les grandes entreprises d’autre part. L’étude ne détaille pas les taux par tranche au-delà de ce segment, mais ce point indique que le retard français n’est pas uniforme.
| Pays | Taux d’usage |
|---|---|
| Danemark, Finlande, Suède, Belgique, Luxembourg, Pays-Bas | 33 à 42 % |
| Allemagne | 26 % |
| Moyenne UE | 20 % |
| France | 18 % |
| Italie, Espagne | ~18 % |
Source : Insee, juillet 2026
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Pourquoi la France reste sous la moyenne UE
L’ambition française face aux faits
Emmanuel Macron veut faire de la France un leader mondial de l’intelligence artificielle. L’objectif a été répété lors de différents sommets technologiques, notamment à Station F et à VivaTech. Mais les chiffres de l’Insee rappellent que la dynamique ne suffit pas à combler le retard. Tripler le taux en deux ans, c’est réel. Mais partir de 6 % en 2023 signifie que la base était basse.
L’écart avec le nord de l’Europe ne se réduit pas mécaniquement : il faut que la croissance française soit plus rapide que celle des pays déjà en avance. Or, rien dans l’étude n’indique que la France rattrape le rythme danois ou finlandais.
Quels outils, quels usages ?
L’Insee parle d’« au moins un outil d’IA », sans préciser la nature des technologies déployées. Cela peut aller de l’automatisation de tâches simples (chatbots, tri de documents) à des modèles de prédiction ou d’optimisation industrielle. La granularité manque pour savoir si les entreprises françaises utilisent l’IA pour des gains marginaux ou pour transformer leurs processus.
Ce flou n’est pas propre à l’étude française : les enquêtes européennes agrègent des réalités hétérogènes. Mais il rend difficile toute comparaison fine. Une PME qui intègre un outil de génération de texte pour sa communication et un groupe industriel qui déploie de la maintenance prédictive sur ses lignes de production ne jouent pas dans la même catégorie.
La question des infrastructures et des compétences
L’étude de l’Insee ne détaille pas les freins à l’adoption, mais ils sont documentés ailleurs : manque de compétences en interne, coût d’acquisition des solutions, absence de stratégie claire sur les données. La France dispose d’un écosystème de recherche en IA reconnu, mais le passage à l’échelle en entreprise reste lent.
Le nord de l’Europe bénéficie d’un tissu de PME déjà numérisées, d’un accès facilité aux financements pour l’innovation, et d’une culture de la donnée plus ancrée. Ces facteurs structurels ne se rattrapent pas en un ou deux ans, même avec une volonté politique affirmée.
IA en entreprise 2025 : les écarts européens
- 18 % des entreprises françaises utilisent l'IA en 2025, contre 6 % en 2023
- La moyenne européenne atteint 20 %, l'Allemagne 26 %
- Danemark, Finlande, Suède, Belgique, Luxembourg, Pays-Bas : entre 33 et 42 %
- Pour les entreprises de 50 à 249 salariés, la France est au niveau européen
- Italie et Espagne affichent des taux proches de la France
- L'étude de l'Insee publiée le 22 juillet 2026