Philippine Airlines vient de signer pour neuf Airbus A350-1000 de plus, doublant sa commande totale auprès de l’avionneur européen.
L’annonce est tombée à Farnborough le 24 juillet. La compagnie philippine a paraphé un protocole d’accord portant sur neuf nouveaux A350-1000, l’avion long-courrier le plus grand de la gamme Airbus. Le document a été signé par Lucio C. Tan III, président et directeur général de PAL Holdings, la maison mère, et Richard Nuttall, président de Philippine Airlines, en présence de Lars Wagner, patron de la division Avions commerciaux d’Airbus, et de Benoît de Saint-Exupéry, vice-président exécutif des ventes.
Avec cette commande, le carnet philippin grimpe à dix-huit A350-1000. Les deux premiers appareils ont atterri dans la flotte cette année. Reste désormais à convertir le protocole d’accord en contrat ferme, étape qui devrait intervenir dans les mois à venir.
Un déploiement progressif dans la flotte long-courrier
Philippine Airlines mise sur l’A350-1000 pour renouveler ses lignes trans-Pacifique et ses liaisons vers l’Europe. L’appareil offre une capacité de 350 à 410 passagers selon la configuration choisie, et une autonomie de 16 100 kilomètres. De quoi relier Manille à New York ou Londres sans escale, un atout commercial que la compagnie cherche à exploiter face à la concurrence des hubs du Golfe et de Singapour.
Les premiers appareils entrés en service cette année opèrent déjà sur des routes premium. Le reste de la commande, livrable jusqu’en 2030, doit remplacer progressivement les Airbus A340 et A330 vieillissants.
Une montée en puissance dans un marché asiatique tendu
Le timing de la commande coïncide avec une reprise forte du trafic aérien dans la zone Asie-Pacifique. Les compagnies philippines, longtemps dans l’ombre des grands réseaux régionaux, tentent de reprendre des parts de marché. Cathay Pacific, Singapore Airlines ou Thai Airways ont toutes renforcé leurs flottes long-courriers ces deux dernières années. Philippine Airlines dispose d’un atout : un hub domestique dense avec 7 000 îles desservies, un bassin de passagers que les concurrents ne peuvent pas capter directement.
Mais la compagnie doit composer avec une concurrence low-cost féroce sur les liaisons intra-Asie, et une pression tarifaire qui limite les marges sur le court et moyen-courrier. Le pari de PAL, c’est de capitaliser sur le haut de gamme et le long-courrier, segments où l’A350 apporte une différenciation claire en termes de confort cabine et d’efficacité opérationnelle.
Pourquoi PAL double sa mise sur l'A350
L’A350-1000, cheval de bataille d’Airbus face au 777X
Côté Airbus, cette commande renforce la position de l’A350-1000 dans le segment des très gros porteurs twin-aisles. Le modèle accumule les succès commerciaux : Emirates a commandé vingt exemplaires en mai, Japan Airlines en a ajouté dix en mars. Airbus avance désormais 350 A350 en commandes fermes toutes versions confondues, et une production qui monte à sept appareils par mois.
Face à lui, le Boeing 777X tarde à entrer en service. Prévu initialement pour 2024, le programme accumule les retards : certification en 2027 au mieux, premières livraisons repoussées à 2028. L’absence du 777X sur le marché laisse le champ libre à Airbus, qui en profite pour verrouiller les flottes long-courriers des grandes compagnies avant que Boeing ne rattrape son retard.
Un calendrier de livraison à tenir
L’enjeu pour Airbus sera de respecter le planning. Les chaînes d’assemblage de Toulouse tournent à plein régime, et les fournisseurs de composants critiques, Safran en tête pour les moteurs Trent XWB de Rolls-Royce, sont sous tension. Philippine Airlines table sur des livraisons échelonnées jusqu’en 2030, ce qui laisse une marge de manœuvre. Mais tout retard coûte cher : des appareils immobilisés au sol, des rotations annulées, des revenus perdus.
La compagnie a déjà réservé des créneaux dans les aéroports de Los Angeles, San Francisco et Londres Heathrow pour les nouvelles liaisons prévues avec les A350. Si les avions ne sont pas là à temps, elle perd les slots, et avec eux les revenus des saisons haute et basse. Un risque que PAL connaît bien après avoir subi des retards de livraison sur d’autres programmes par le passé.
Une flotte qui se modernise, des finances qui restent serrées
L’acquisition ne se fait pas dans le confort financier. PAL Holdings sort d’une restructuration de dette bouclée en 2023, après deux années de pertes creusées par la pandémie. La compagnie est revenue à l’équilibre en 2025, mais ses marges restent fines. Les neuf A350 supplémentaires vont peser sur le bilan : chaque appareil coûte environ 360 millions de dollars au prix catalogue, soit 3,2 milliards de dollars pour la série.
Dans la pratique, les compagnies obtiennent des remises substantielles, et PAL a sans doute négocié un prix inférieur de 40 à 50 %. Reste qu’il faut financer les acomptes, préparer les infrastructures au sol, former les équipages. Un investissement que la direction juge nécessaire pour rester dans la course face aux concurrents régionaux.
| Élément | Détail |
|---|---|
| Commande initiale | 9 A350-1000 |
| Commande supplémentaire (juillet 2026) | 9 A350-1000 |
| Total commandé | 18 A350-1000 |
| Appareils livrés en 2026 | 2 |
| Livraisons prévues | Jusqu’en 2030 |
Source : annonce Airbus – Farnborough 2026
Le protocole d’accord signé à Farnborough marque une étape, pas une finalisation. PAL et Airbus doivent encore négocier les conditions définitives, les dates de livraison précises, les pénalités de retard. Le contrat ferme devrait être signé avant la fin de l’année. D’ici là, la compagnie philippine continue de monter en puissance sur ses premières routes A350, histoire de prouver que le modèle économique tient la route avant d’engager le reste de la flotte.
Philippine Airlines et l'A350-1000 : les chiffres clés
- Protocole d'accord signé à Farnborough le 24 juillet 2026 pour neuf A350-1000 supplémentaires
- Philippine Airlines porte sa commande totale à dix-huit appareils, dont deux déjà livrés cette année
- Les livraisons s'étaleront jusqu'en 2030 pour remplacer les A340 et A330 vieillissants
- L'A350-1000 offre 16 100 km d'autonomie, reliant Manille aux hubs nord-américains et européens sans escale
- Airbus comptabilise 350 A350 en commandes fermes toutes versions confondues
- Le Boeing 777X, concurrent direct, ne sera pas livré avant 2028, laissant le champ libre à Airbus