Airbus a confirmé au salon de Farnborough que l’intégralité de sa flotte commerciale embarque désormais des équipements fabriqués au Maroc, où l’avionneur étudie de nouveaux investissements.
Le groupe européen a profité de l’édition 2026 du salon aéronautique britannique pour marquer sa volonté d’amplifier son implantation industrielle dans le royaume chérifien. Gabriel Semelas, président d’Airbus pour l’Afrique et le Moyen-Orient, a annoncé que « tous nos avions commerciaux intègrent des composants fabriqués au Maroc », signe d’une montée en puissance progressive de l’écosystème local dans la chaîne de valeur mondiale de l’avionneur.
Cette déclaration, faite en marge du rassemblement de Farnborough, intervient alors qu’Airbus emploie près de 1 300 collaborateurs directs dans le pays et s’appuie sur une centaine de fournisseurs locaux générant environ 1 000 emplois indirects. Le Maroc n’est plus un satellite de sous-traitance : c’est un maillon technique intégré.
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De nouveaux projets après le rachat de Spirit AeroSystems
L’avionneur étudie de nouveaux projets d’expansion, notamment à la suite de l’acquisition de Spirit AeroSystems. Gabriel Semelas a précisé : « Nous évaluons actuellement les opportunités de renforcer notre présence à la suite de l’acquisition de Spirit. » L’équipementier américain, spécialisé dans les fuselages et les sous-ensembles de structure, apportait déjà une partie de sa production au Maroc. Son intégration dans le giron d’Airbus pourrait accélérer la montée en gamme des sites marocains.
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La réorganisation industrielle en cours chez Airbus, qui rapatrie progressivement en interne la fabrication de structures externalisées depuis les années 2000, offre au Maroc une fenêtre pour capter de nouvelles activités. Le groupe réfléchit déjà à implanter un centre régional dédié aux hélicoptères : maintenance, réparation, formation et exploitation, destiné à couvrir le marché national et plusieurs pays africains. Une manière de dupliquer, pour les giravions, un modèle qui fonctionne pour les avions de ligne.
Un écosystème passé en 20 ans du câblage aux pièces mécaniques
Le Maroc a amorcé sa montée en puissance aéronautique au début des années 2000, d’abord sur des activités à faible valeur ajoutée : harnais électriques, petites pièces de tôlerie, assemblage de sous-ensembles simples. Le pays compte aujourd’hui plus de 155 entreprises du secteur, qui emploient plus de 25 000 personnes et génèrent plus de 3 milliards de dollars d’exportations annuelles. Le taux d’intégration locale atteint 42 %, bien au-delà des moyennes observées dans d’autres pays émergents de l’aéronautique.
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La croissance annuelle moyenne, de l’ordre de 17 %, reflète un écosystème en phase de maturité, capable de livrer des pièces conformes aux standards les plus stricts (EN 9100, Nadcap). Les grands équipementiers mondiaux (Safran, Collins Aerospace, Bombardier) ont tous implanté des lignes au Maroc, créant une base de sous-traitants de rang 2 et 3 qui peuvent désormais alimenter plusieurs donneurs d’ordres simultanément.
| Indicateur | Valeur |
|---|---|
| Nombre d’entreprises | + 155 |
| Effectifs directs | + 25 000 |
| Exportations annuelles | + 3 Md USD |
| Taux d’intégration locale | 42 % |
| Croissance annuelle moyenne | ~ 17 % |
| Emplois indirects générés par Airbus | ~ 1 000 |
Source : Agence marocaine de développement des investissements et des exportations (AMDIE), déclarations Airbus
Pourquoi Airbus renforce son ancrage marocain
75 ans de présence, une stabilité valorisée par Airbus
Airbus est présent au Maroc depuis 75 ans, d’abord sous l’égide d’Aérospatiale puis de ses successeurs. Gabriel Semelas a salué la « stabilité » du royaume, son cadre réglementaire et la « vision portée par Sa Majesté le Roi Mohammed VI », soulignant que ces facteurs faisaient du pays un partenaire de premier plan. La proximité géographique avec l’Europe, la qualité des infrastructures portuaires et aéroportuaires, et un coût de main-d’œuvre maîtrisé achèvent de positionner le Maroc comme hub industriel pour les grandes séries.
Le pays bénéficie aussi d’une offre de formation en phase avec les besoins du secteur. L’Institut des métiers de l’aéronautique de Casablanca, créé en 2011, délivre des formations alignées sur les référentiels européens. Les universités marocaines forment chaque année plusieurs centaines d’ingénieurs aéronautiques, dont une partie est recrutée directement par les grands groupes.
Présence marocaine au salon de Farnborough
Le Maroc a participé à Farnborough via un pavillon coordonné par l’AMDIE, réunissant les principaux acteurs nationaux de l’aéronautique, des entreprises innovantes, le Groupement des industries marocaines aéronautiques et spatiales (GIMAS) et l’Institut des métiers de l’aéronautique de Casablanca. Cette présence collective vise à renforcer la visibilité du pays auprès des donneurs d’ordres internationaux et à capter de nouveaux contrats.
Le salon, qui se tient tous les deux ans en alternance avec le Bourget, attire les directions achats et programmes des grands avionneurs et équipementiers. Pour un pays qui exporte plus de 3 milliards de dollars de produits aéronautiques par an, disposer d’un pavillon structuré constitue un levier de prospection direct.
Un modèle qui inspire d’autres filières industrielles
La trajectoire du Maroc dans l’aéronautique sert désormais de référence pour d’autres secteurs à haute valeur ajoutée. Le pays cherche à dupliquer le modèle sur l’automobile, l’électronique et, plus récemment, les énergies renouvelables. Les zones franches industrielles créées au cours des deux dernières décennies ont permis de concentrer les investissements et d’accélérer la montée en compétences.
L’annonce d’Airbus sur l’intégration de composants marocains dans tous les appareils commerciaux valide la stratégie d’industrialisation du royaume. Elle marque aussi une étape symbolique : le Maroc n’est plus un pays de délocalisation low-cost, mais un partenaire industriel capable de livrer des pièces critiques en flux tendu, dans le respect des exigences de traçabilité et de qualité les plus strictes de l’aéronautique civile.
Montée en gamme
Le Maroc passe du câblage et de la tôlerie simple aux pièces mécaniques complexes, intégrées dans tous les appareils commerciaux d’Airbus.
Hub régional
Airbus envisage un centre de maintenance et de formation pour hélicoptères destiné à couvrir plusieurs pays africains depuis le royaume.
Croissance soutenue
Le secteur aéronautique marocain affiche une croissance annuelle moyenne de 17 %, porté par la diversification des donneurs d’ordres.
Intégration Spirit
Le rachat de Spirit AeroSystems par Airbus ouvre de nouvelles opportunités d’investissement et de transfert d’activités vers le Maroc.
Capital humain
Plus de 25 000 emplois directs, une offre de formation alignée sur les standards européens et un taux d’intégration locale de 42 %.
Airbus au Maroc : la chaîne de valeur en chiffres
- Tous les avions commerciaux Airbus embarquent des composants fabriqués au Maroc depuis 2026
- Près de 1 300 collaborateurs directs employés par le groupe dans le royaume
- Une centaine de fournisseurs locaux travaillent pour Airbus, générant environ 1 000 emplois indirects
- Airbus envisage de créer un centre régional hélicoptères couvrant plusieurs pays africains
- Le secteur aéronautique marocain compte plus de 155 entreprises et exporte plus de 3 milliards de dollars par an
Airbus et le Maroc : les chiffres d'une intégration industrielle
- Tous les avions commerciaux Airbus intègrent désormais des composants fabriqués au Maroc
- Le groupe étudie de nouveaux projets d'expansion après le rachat de Spirit AeroSystems
- Airbus envisage un centre régional hélicoptères pour couvrir plusieurs pays africains
- Le secteur aéronautique marocain emploie plus de 25 000 personnes et exporte plus de 3 milliards USD par an
- Le taux d'intégration locale atteint 42 %, avec une croissance annuelle moyenne de 17 %
- Airbus est présent au Maroc depuis 75 ans, avec près de 1 300 collaborateurs directs dans le royaume