IndustrielAutomobileL'automobile française s'effondre : Michelin ferme, 66 000 entreprises en faillite

L’automobile française s’effondre : Michelin ferme, 66 000 entreprises en faillite

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Le secteur automobile français subit une vague de fermetures et de licenciements. Les chiffres de défaillances d’entreprises atteignent des sommets, contredisant les objectifs de France 2030.

Marc Ferracci, ministre de l’Industrie, l’a confirmé le 8 novembre au micro de France Inter : de nouvelles fermetures de sites industriels sont attendues « dans les semaines et les mois à venir ». Le même jour, il était hué à Cholet où Michelin s’apprête à fermer deux sites. La scène résume l’état du secteur automobile français. Entre la concurrence chinoise, le recul des ventes et la transition électrique qui patine, l’industrie enchaîne les mauvaises nouvelles.

À l’automne 2021, Emmanuel Macron lançait France 2030. L’objectif : réindustrialiser le pays, soutenir les filières stratégiques et créer des emplois. Trois ans plus tard, les voyants sont au rouge. Les défaillances d’entreprises ont atteint un record sur douze mois : 66 000 en tout, dont une part importante de petites structures. L’automobile, locomotive du projet, est aujourd’hui en pleine déroute.

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En chiffres
66 000
Défaillances d'entreprises en 12 mois
Record historique en France
+3 600
Suppressions de postes Michelin et Auchan
Annoncées début novembre
2 sites
Fermetures Michelin dans le Maine-et-Loire
Cholet et environs

Michelin, symbole d’une industrie à la peine

Le géant du pneu Michelin va fermer deux sites dans le Maine-et-Loire. L’annonce a déclenché la colère des salariés et des élus locaux. Ces fermetures s’inscrivent dans une série de suppressions de postes qui touchent l’ensemble de la filière : plus de 3 600 emplois entre Michelin et Auchan ont été annoncés en quelques jours début novembre.

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Les causes sont multiples. La concurrence asiatique, notamment chinoise, pèse lourd. Les constructeurs européens peinent à suivre le rythme d’électrification imposé par Bruxelles, tandis que les ventes de véhicules stagnent. Le contexte macroéconomique n’arrange rien : inflation, hausse des taux d’intérêt et crise politique en France ont asséché la consommation et fragilisé les entreprises.

« Nous sommes très, très loin de la réindustrialisation promise »

Marc Touati, économiste, dresse un bilan sévère. « Les entreprises ont dû faire face à une augmentation des coûts de production, avec une baisse du pouvoir d’achat qui a cassé la consommation. Et les taux d’intérêt qui ont augmenté, et maintenant la crise politique qui s’est installée… Il y a une conjonction d’évolutions qui fait que les entreprises ne peuvent plus, aujourd’hui, créer d’emplois. C’est même l’inverse, elles en détruisent, elles licencient. »

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Il poursuit : « Nous sommes très, très loin de la réindustrialisation promise par messieurs Macron, Lemaire et tutti quanti. Malheureusement, c’est exactement l’inverse qui se produit. »

Dans le secteur industriel, la récession est là depuis deux ans. Les carnets de commandes se vident, les marges fondent. Les PME et sous-traitants, qui composent l’essentiel du tissu automobile français, disparaissent sans bruit. Chaque fermeture de site entraîne une cascade de faillites dans l’écosystème local.

Pourquoi l'industrie automobile française s'effondre

Record de défaillances
66 000 entreprises en faillite en un an, dont beaucoup de PME et sous-traitants automobiles. Une hémorragie qui détruit le tissu industriel local.
Automobile en chute libre
Concurrence chinoise, ventes en recul, électrification lente : le secteur enchaîne fermetures et licenciements. Michelin et d'autres annoncent de nouvelles suppressions.
État sans moyens
Budget en dérive, pression fiscale maximale : l'État ne peut plus venir en aide. Les dispositifs de soutien s'assèchent, les promesses restent lettre morte.
Récession depuis deux ans
Inflation, hausse des taux, crise politique : les entreprises licencient au lieu de créer des emplois. La croissance française s'effondre.

Un État aux abois, incapable de réagir

L’État, confronté à un budget en dérive, ne peut plus jouer le rôle de pompier qu’il tenait par le passé. « Il y avait déjà une pression fiscale qui est la plus élevée du monde. Ça allait mal, quasiment pas de croissance… Alors, maintenant qu’on a encore augmenté les impôts, qu’on a une croissance qui est en train de s’effondrer et que l’on est au bord de la récession, ça ne peut pas aller mieux », analyse Marc Touati.

Les aides publiques, massives pendant la pandémie, se sont taries. Les dispositifs de soutien à l’industrie sont dilués, faute de moyens. Les collectivités locales, déjà sous pression budgétaire, ne peuvent compenser. Résultat : les salariés licenciés sont livrés à eux-mêmes, avec des dispositifs de reconversion souvent inadaptés.

Le gouvernement promet « des solutions dignes » pour les salariés touchés. Mais sur le terrain, les élus et les syndicats constatent un décalage entre les annonces et la réalité. Les bassins d’emploi dépendants de l’automobile, comme Cholet ou Charleville-Mézières, se vident progressivement de leurs forces vives.

Une transition électrique à l’arrêt

La lenteur de l’électrification aggrave la situation. Les constructeurs français peinent à sortir des modèles compétitifs face aux acteurs asiatiques, notamment chinois. Les chaînes de production restent calibrées pour le thermique, mais les investissements nécessaires à la bascule vers l’électrique tardent. Entre-temps, les ventes de voitures neuves s’essoufflent.

Les infrastructures de recharge progressent trop lentement. Les aides à l’achat, réduites ces derniers mois, ne suffisent plus à dynamiser le marché. Les consommateurs hésitent, pris entre un thermique qu’ils connaissent et un électrique qu’ils jugent encore trop cher ou peu pratique. Cette attente tue le secteur.

Le spectre d’un effondrement durable

Les 66 000 défaillances d’entreprises enregistrées sur un an marquent un record. Beaucoup sont des TPE et PME, souvent sous-traitantes de l’automobile ou de l’équipement industriel. Leur disparition entraîne une perte de savoir-faire difficile à reconstituer.

L’exécutif fait le dos rond. Marc Ferracci multiplie les déclarations rassurantes, promettant un accompagnement renforcé. Mais les moyens manquent, et la confiance des acteurs économiques s’effrite. Les industriels français se retrouvent pris en étau : entre des coûts qui explosent, une demande atone et une concurrence internationale féroce.

Le projet France 2030, censé incarner le renouveau industriel, apparaît aujourd’hui comme un symbole d’échec. Les milliards promis n’ont pas suffi à inverser la tendance. L’automobile, pilier de ce plan, subit de plein fouet les effets d’une stratégie bancale et d’un contexte international défavorable.

Marc Touati le résume : dans le secteur, « la récession est là depuis deux ans ». Et rien ne laisse présager un rebond rapide.

Automobile française 2026 : les chiffres de la crise

  • 66 000 défaillances d'entreprises enregistrées en douze mois en France, un record
  • Michelin ferme deux sites dans le Maine-et-Loire, plus de 3 600 postes supprimés avec Auchan
  • Marc Ferracci annonce de nouvelles fermetures de sites industriels dans les semaines à venir
  • La transition électrique patine, la demande stagne, les coûts explosent
  • France 2030 lancé en 2021 pour réindustrialiser : l'objectif est manqué trois ans plus tard
Rédacteur chez Industriel.net
Karim Lefort suit l'évolution du secteur automobile et des nouvelles solutions de mobilité, en analysant les innovations, les tendances du marché et les technologies qui transforment les déplacements. Il propose des contenus clairs et documentés destinés aussi bien aux professionnels qu'aux passionnés. Pour enrichir ses recherches et optimiser ses articles, il s'appuie sur l'intelligence artificielle, tout en assurant une relecture, une vérification des informations et une validation éditoriale avant chaque publication.
Lefort Karim

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